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Artistes

Benoît Gérard // Lautum

Né en décembre 1983 à Mayenne, Benoît Gérard vécu son enfance en campagne, à Levaré, au cœur du bocage mayennais. À quinze ans, il découvre Matisse, De Vlaminck, Derain... ses premières grandes révélations artistiques, et c’est à cette époque qu’il commence à peindre. Un de ses professeurs, qui dispensait les cours d’arts plastiques au lycée, lui apporta une solide base en culture générale ainsi qu’une approche réflexive et théorique. Puis ce furent les Beaux-arts, où on le familiarisa avec différentes techniques et formes de création telles que l’installation, la gravure, la photo, la vidéo, la performance... Il renoue finalement avec son premier amour : la peinture, et retrouve les pinceaux, les pigments, les châssis, les chiffons sales et les odeurs de térébenthine.

Diplômé en juin 2008, il intègre l’année suivante l’atelier collectif angevin L’Enceinte, où il entame une grande peinture composite intitulée Silence Aquarium, qui fit l’objet dans la foulée d’une exposition à la Maison du Tramway, à Angers. Il accepte en 2010 la proposition d’être Invité d’Honneur au Salon des peintres de Gorron (53), puis celle de montrer une grande toile aux manifestations pluri-artistiques de la Vieille Lande (53).

Depuis 2011, il vit et travaille à Langan, petit bourg au nord de Rennes. Il participe alors en 2013 au Salon de Peinture de Saint-Grégoire (35), réalise une exposition au CRIJ de Rennes, puis en 2015 à la galerie Les Arts d’Ille, à Saint-Germain-Sur-Ille (35). Il prend contact avec La Voix Sociale en mars 2017, qui l’accompagne depuis dans la réalisation d’un ouvrage sur l’ensemble de son oeuvre, ainsi que pour une rétrospective personnelle.

Les peintures de Benoît Gerard sont souvent réalisées sur de la toile ou de l’isorel, selon la facture picturale escomptée : plus en fluidité pour la toile fine, plus en matière pour l’isorel ou la grosse toile. S'il a de temps en temps recours à l’acrylique, sa technique de prédilection reste la peinture à l’huile, qu'il trouve plus agréable à travailler. En outre, il aime varier la taille des formats, de manière à ne pas emprisonner le spectateur dans une vision sérielle de la peinture.

Les sujets représentés sont plus ou moins proches de l’échelle 1, pour susciter chez celui qui les contemple un principe d’identification. Sa peinture reste globalement figurative, même si elle s’autorise parfois des détours à la frontière de l’abstraction.

Ses peintures offrent un reflet déformé de la vie contemporaine. Elles s’efforcent de retranscrire sa turbulence, sa fièvre, son hystérie, grâce à des couleurs exacerbées et outrancières qui la tirent vers un certain onirisme, grâce à des formes sinueuses et labyrinthiques, en arabesques, qui en accentuent la gesticulation. Univers bigarré et bringuebalant où la mélancolie le dispute au burlesque, à la satire et à la dérision.

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L'inconnue (toile 1 - quadriptyque), huile sur toile, 4 x (60x85) cm, 2015
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La chaise en contemplation, détail. Huile sur isorel, 120x100 cm, 2015

Cette peinture a choisi une simple plaque d’isorel (comme on en peut trouver dans les supermarchés ) comme terreau propice à son épanouissement – j’apprécie depuis longtemps ce type de support grâce à son grain rugueux qui propose au pinceau une accroche accrue, un rendu plus mat et plus brut, parfois plus en matière. La chaise au premier plan représente une des quelques chaises en plastique un peu salies qui traînent encore aujourd’hui à certains endroits du jardin. Elle est donc en contemplation face à cette vaste tapisserie végétale, presque abstraite (...), tout en étant objet de contemplation par le spectateur (du moins je l’espère !), à la façon d’une nature morte ou d’une sculpture. Était-ce lui rendre sa dignité que de la mettre ainsi en exergue sur le socle de la terrasse aux tons roses ? Elle peut par ailleurs être vue comme une invitation à s’y asseoir visuellement, symboliquement. Enfin, si cette scène peut sembler atemporelle, un détail, le sommet d’un poteau téléphonique (...), en haut à droite, aussi discret soit-il, nous ramène aussitôt à la réalité contemporaine.

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